cerf volant

Étape 9 : faire redescendre un cerf-volant selon la tension de la ligne

Pour faire redescendre un cerf-volant, commencez par sentir la tension de la ligne : c’est elle qui décide de la technique. Faible, on enroule simplement ; moyenne, on enroule lentement pour éviter que la voile ne passe au-dessus de vous ; forte, on marche vers le cerf-volant en reprenant la ligne ; très forte, on attache la ligne à un point fixe et on va chercher la voile en descendant le long de la ligne, gants aux mains.

Cette étape termine notre méthode en neuf étapes. Si votre cerf-volant n’est pas encore en l’air, reprenez à l’étape 8, consacrée au vol lui-même.

Comment savoir quelle technique utiliser ?

La tension se lit dans la main : une ligne qui pend ou qui ne tire presque pas, une ligne tendue qui tire doucement, une ligne qui vous oblige à vous arc-bouter, une ligne qui vous entraîne. Le vent peut aussi changer pendant que vous ramenez le cerf-volant : une rafale fait passer en quelques secondes d’une tension moyenne à une tension forte. Réévaluez à chaque fois que la traction change.

Tension de la ligneCe que vous sentezTechnique
Faible ou nullela ligne pend, la voile descend seulereprendre vite la ligne pour garder le contrôle
Moyennetraction régulière et douceenrouler lentement, sans à-coups
Forteil faut tenir fermementmarcher vers le cerf-volant en reprenant la ligne
Très forteimpossible d’enrouler ou de tenirancrer la ligne, descendre le long de la ligne avec des gants

Avant de toucher l’enrouleur, posez-vous une seule question : est-ce que la ligne tire ?

Le cerf-volant tombe ou ne tire presque plus

Quand le vent faiblit, la voile perd de la hauteur et la ligne se détend. Reprenez la ligne assez vite pour qu’elle reste tendue : tant qu’elle l’est, vous gardez le contrôle et vous pouvez guider la descente. Si la voile chute rapidement, posez l’enrouleur et ramenez la ligne à la main, en tirant main sur main, puis laissez-la au sol à vos pieds. Vous l’enroulerez une fois la voile posée.

Tension moyenne : enrouler sans précipitation

Avec une traction régulière, il suffit d’enrouler lentement et régulièrement. Le piège est d’aller trop vite. En reprenant la ligne, vous ajoutez votre propre vitesse à celle du vent : la voile reçoit plus de pression, monte et peut finir par passer au-dessus de votre tête, voire derrière vous. C’est le survol.

Si la voile vole au-dessus de vous, relâchez un peu de ligne : le vent la repousse vers l’arrière, à sa place, sous le vent. Reprenez ensuite l’enroulement, plus doucement. Un survol non corrigé se termine souvent par une plongée et un choc au sol.

Tension forte : marcher vers le cerf-volant

Quand la traction est trop forte pour enrouler confortablement, marchez vers le cerf-volant en reprenant la ligne au fur et à mesure. En avançant vers lui, vous réduisez la vitesse du vent relatif sur la voile, donc la tension. Si l’espace manque devant vous, arrêtez d’enrouler, reculez doucement en tenant la ligne, puis recommencez à avancer en reprenant la ligne. Répétez jusqu’à avoir la voile en main.

Un vent qui forcit pendant le vol peut aussi rendre le cerf-volant instable : la voile se déforme, se balance d’un côté à l’autre, puis tourne ou plonge. Relâcher de la ligne calme les plongées, mais fait remonter la voile. Une technique consiste à attendre qu’une plongée rapproche la voile du sol, puis à relâcher franchement une bonne longueur de ligne : privé de tension, le cerf-volant redescend doucement et se pose.

Tension très forte : ancrer la ligne et descendre le long

Si le cerf-volant tire au point que vous ne pouvez ni enrouler ni tenir, ne luttez pas. Enroulez la ligne autour d’un point fixe solide, un piquet d’ancrage ou un poteau, et attachez-la. Marchez ensuite vers le cerf-volant en faisant glisser la ligne dans vos mains, ou mieux, dans un mousqueton ou une poulie de descente, et tirez-la vers le bas au fur et à mesure que vous avancez. Le cerf-volant descend à mesure que vous approchez.

Portez des gants dès que le vent forcit : une ligne qui glisse sous tension entaille ou brûle la peau en un instant.

Ne laissez jamais la ligne s’enrouler autour de vos doigts, de votre poignet ou de votre corps. Et ne tentez pas cette manœuvre près d’une route, de personnes ou d’une ligne électrique : laissez plutôt le cerf-volant ancré et attendez une accalmie.

Et avec un cerf-volant pilotable ?

Un cerf-volant à deux ou quatre lignes ne se ramène pas à l’enrouleur pendant le vol : on le pose. Dirigez-le vers le bord de la zone où il vole, à droite ou à gauche de vous, là où il tire le moins, puis faites-le descendre doucement vers le sol. Une fois la voile posée, avancez vers elle pour détendre les lignes avant de la ramasser. Si quelqu’un peut la tenir au sol, c’est encore plus simple. Les mots de cette manœuvre (fenêtre de vol, bord de fenêtre, bride) sont expliqués dans notre glossaire du cerf-volant.

Ranger la ligne, puis progresser

N’enroulez pas une ligne sous forte tension : la pression peut écraser ou casser l’enrouleur. Laissez la ligne en tas lâche sur le sol pendant la descente, puis enroulez-la tranquillement une fois le cerf-volant posé. Sur un pilotable, enroulez les lignes ensemble, à partir de la voile, pour qu’elles gardent exactement la même longueur. Et si le cerf-volant a eu du mal à décoller ce jour-là, notre article sur le dépannage du lancement passe en revue les causes les plus fréquentes.

Une fois le décollage, le vol et la descente maîtrisés, plusieurs pistes s’ouvrent : ajouter des queues à la voile et voir comment elles changent sa stabilité, essayer un cerf-volant pilotable à deux puis à quatre lignes, accrocher des décorations sur la ligne, ou construire son propre cerf-volant en papier puis en tissu. En France, le cerf-volant fait partie des disciplines de la Fédération française de vol libre (FFVL), avec le parapente, le deltaplane et le kite : ses clubs sont l’endroit le plus simple pour essayer des modèles avant d’acheter. La méthode complète est rassemblée dans notre guide comment faire voler un cerf-volant et sur la page cerf-volant.

L’essentiel

  • La tension de la ligne décide de la technique : faible, moyenne, forte ou très forte.
  • Enroulez lentement : trop vite, la voile prend de la vitesse et passe au-dessus de vous.
  • Tension forte : marchez vers le cerf-volant en reprenant la ligne.
  • Tension très forte : ancrez la ligne et descendez le long, avec des gants.
  • Un pilotable se pose en bord de fenêtre de vol, pas à l’enrouleur.
  • N’enroulez jamais une ligne sous tension : laissez-la au sol, enroulez après.

Un cerf-volant bien posé, c’est un cerf-volant qui revolera le week-end suivant.