Étape 6 : lancer un cerf-volant selon la force du vent
Pour lancer un cerf-volant, inutile de courir : placez-vous dos au vent, laissez le vent soulever l’aile hors de vos mains et déroulez la ligne régulièrement pendant qu’elle monte. Tout le reste dépend de la force du vent au sol : par vent léger, on fait un lancer à ligne longue avec un assistant ; par vent modéré, on lâche l’aile directement de la main ; par vent fort, on ancre la ligne et on règle la bride avant de décoller.
Cette page est la sixième étape de notre méthode, après le choix de l’endroit où se tenir. Le but du lancer est simple : faire traverser à l’aile la couche d’air freinée et tourbillonnante près du sol pour atteindre le vent plus régulier qui souffle au-dessus des arbres et des bâtiments, sans toucher aux réglages si possible, car un réglage fait pour le vent du sol peut ne plus convenir en altitude.
Pourquoi ne faut-il pas courir avec un cerf-volant ?
Courir est le réflexe le plus répandu, et le moins efficace. Celui qui court regarde son cerf-volant au lieu de regarder devant lui : il trébuche, heurte un obstacle ou un autre pratiquant. Il court aussi souvent dans le mauvais sens. Un avion décolle face au vent ; un cerf-volant aussi : c’est le vent qui doit arriver sur la voile, pas le pratiquant qui doit la tirer à travers l’air.
Surtout, l’effet ne dure pas. L’aile monte tant que vous courez, puis retombe dès que vous vous arrêtez, sauf si elle a eu le temps d’atteindre un vent plus fort. Si le vent au sol suffit à porter votre aile, vous pouvez la lancer sans faire un seul pas. S’il ne suffit pas, la solution est la ligne longue, pas le sprint.
Avant de lancer : trois vérifications
- La direction du vent : tenez-vous dos au vent, le cerf-volant devant vous. Un ruban, de l’herbe lâchée ou une manche à air vous la donnent si vous hésitez ; notre étape sur l’évaluation du vent détaille les repères.
- L’espace sous le vent : la zone devant vous, là où l’aile va monter et parfois retomber, doit être libre d’arbres, de routes, de personnes et de lignes électriques.
- La ligne et la bride : la ligne est solidement attachée au point de remorquage, sans nœud ni frottement, et l’enrouleur tourne librement.
Une fois lancé, un cerf-volant cherche de lui-même son angle par rapport au vent. Votre rôle se limite à lui donner de la ligne quand il tire et monte, et à en reprendre quand il faiblit.
Par vent léger : le lancer à ligne longue
Les jours où le vent au sol est trop faible, un courant d’air régulier circule souvent plus haut, au-dessus des obstacles. Si l’aile atteint cette couche, elle peut voler longtemps, même quand le vent faiblit au sol en fin de journée. Le lancer à ligne longue sert à cela.
Avec un assistant
Déroulez plusieurs dizaines de mètres de ligne au sol, dans le lit du vent. Votre assistant se place au bout, tient l’aile face à vous et face au vent, ou l’appuie contre un support. À votre signal, il la lâche simplement : il ne la lance pas en l’air, il ouvre les mains. Au même moment, restez sur place et ramenez rapidement la ligne, main après main. La vitesse que vous donnez à l’aile la fait grimper vers le vent du dessus. Dès qu’elle tient, redonnez de la ligne progressivement.
L’assistant se tient derrière l’aile, jamais devant ni à côté des brides : il évite ainsi d’être touché par la voile ou pris dans les lignes. Convenez d’un signal clair avant de commencer.
Seul
Sans assistant, posez l’aile au sol face au vent, calée contre une touffe d’herbe ou un sac, ligne déroulée. Tirez la ligne d’un geste rapide et régulier, éventuellement en reculant de quelques pas. Ce petit élan suffit souvent à faire monter l’aile jusqu’à un vent qui la porte.
Par vent modéré : lancer depuis la main
Quand le vent au sol est assez fort pour porter l’aile, le décollage se fait directement de la main. Tenez-vous dos au vent, tenez le cerf-volant en l’air face à vous pour qu’il prenne toute la force du vent, puis ouvrez la main. Donnez de la ligne régulièrement, sans à-coups, jusqu’à ce que l’aile atteigne une altitude stable.
Si le vent ne la porte pas tout de suite, reculez d’un ou deux pas en tirant doucement sur la ligne : ce surcroît de vitesse l’aide à prendre de la hauteur. Ne déroulez pas trop vite : une ligne qui file sans tension fait perdre à l’aile l’appui dont elle a besoin pour monter.
Par vent fort : ancrer, se protéger, régler
Par vent fort, l’aile décolle sans effort de la main, mais tout le problème est de la garder sous contrôle. Pour un grand cerf-volant, ancrez la ligne à un point fixe solide, pieu ou piquet planté, plutôt que de compter sur vos seules mains. Portez des gants : une ligne qui glisse sous tension entaille la peau.
Surveillez l’aile de près pendant la montée. Elle peut voler sagement près du sol puis être débordée par un vent plus fort ou en rafales en altitude. Les signes sont nets : elle tourne sur elle-même, fait des boucles ou pique vers le sol. Deux corrections existent :
- ajouter de la queue : une queue plus longue augmente la traînée et stabilise l’aile ;
- déplacer le point de remorquage de la bride vers le haut du cerf-volant, par petits crans, ce qui réduit l’angle d’attaque et la prise au vent.
Faites une seule correction à la fois, puis relancez : vous saurez ainsi laquelle a fonctionné. Si l’aile reste instable, ramenez-la et attendez un vent plus calme.
Et pour un cerf-volant pilotable à deux lignes ?
Le principe ne change pas, mais la mise en place est différente. Posez le cerf-volant au sol face au vent, debout sur son bord de fuite, le nez vers le ciel, éventuellement calé contre ses baguettes. Déroulez les deux lignes jusqu’à vous en vérifiant qu’elles ont exactement la même longueur et qu’elles ne se croisent pas. Une poignée dans chaque main, reculez d’un pas en tirant les deux lignes ensemble : le cerf-volant décolle tout droit vers le haut de la fenêtre de vol.
Tant qu’il monte, gardez les mains à la même hauteur. Corriger trop tôt fait partir l’aile sur le côté et la renvoie au sol. Les termes employés ici, bride, bord de fuite ou fenêtre de vol, sont expliqués dans notre glossaire du cerf-volant.
L’essentiel
- Ne courez pas : tenez-vous dos au vent et laissez le vent soulever l’aile.
- Par vent léger, utilisez une ligne longue et un assistant qui lâche l’aile sans la jeter.
- Par vent modéré, lâchez l’aile de la main et donnez de la ligne sans à-coups.
- Par vent fort, ancrez la ligne, portez des gants et corrigez l’instabilité par la queue ou la bride, une chose à la fois.
- Gardez l’espace sous le vent libre de personnes, de routes et de lignes électriques.
Si l’aile refuse de monter ou retombe aussitôt, l’étape suivante, le dépannage du lancement, passe en revue les causes une par une, et la page cerf-volant rassemble toute la méthode.