cerf volant

Étape 3 : choisir un terrain pour faire voler un cerf-volant

Le bon terrain de cerf-volant est vaste, plat ou en pente douce, ouvert du côté d’où vient le vent, et loin de tout ce que la ligne pourrait toucher : lignes électriques, routes, arbres, bâtiments et personnes. Une grande plage, un champ fauché, une prairie ou le sommet arrondi d’une colline font l’affaire ; un petit parc entouré d’immeubles, presque jamais.

Cette étape 3 vient après le montage de l’aile et de la ligne. Elle répond à deux questions : où le vent sera-t-il assez propre pour voler, et où pourrez-vous voler sans danger pour vous ni pour les autres ?

Plage, champ, colline ou parc : quel terrain choisir ?

Chaque type de terrain a ses atouts et ses pièges. Le tableau résume ce qu’il faut regarder avant de sortir la bobine.

TerrainAtoutsPièges
PlageVent de mer souvent régulier, aucun obstacle côté mer, sable qui amortit les chutesBaigneurs et promeneurs en saison, règles locales en été, sable dans les raccords
Champ ou prairieGrande surface dégagée, sol soupleHaies et rangées d’arbres en bordure, lignes électriques qui longent les chemins, terrain privé
CollineVent souvent plus fort et plus régulier au sommetAir turbulent derrière la crête, pente qui complique la récupération
Parc urbainAccessible sans voitureArbres, bâtiments et vent tourbillonnant, foule le week-end

Pour un premier vol, une plage ou un champ dégagé, avec le vent qui arrive de la mer ou de la plaine, reste le choix le plus simple.

Comment juger le vent d’un terrain avant de s’installer ?

Regardez d’abord d’où vient le vent, puis ce qui se trouve en amont, du côté d’où il arrive. Un vent qui a traversé une forêt, un village ou une rangée de maisons arrive haché, avec des rafales et des trous. Le même vent, venu de la mer ou d’une grande plaine, reste régulier. C’est la principale raison pour laquelle les plages et les grands champs sont les terrains les plus prisés.

Au sol, le vent est freiné et perturbé par tout ce qui dépasse. Plus le terrain est grand, plus vous pourrez vous éloigner des obstacles et plus votre cerf-volant trouvera vite un vent propre en prenant de la hauteur. La lecture de la force du vent elle-même fait l’objet de l’étape 4, évaluer le vent.

Quels dangers repérer avant de voler ?

Faites le tour du terrain du regard avant de dérouler la ligne. Les dangers ne sont pas toujours là où vous vous tenez : ils sont là où le cerf-volant peut aller, c’est-à-dire sous le vent, jusqu’à une distance égale à la longueur de votre ligne.

Les lignes électriques

C’est le danger principal, et il existe même sans contact : près d’une ligne, un arc électrique peut se former et électrocuter. Une brochure de prévention d’Enedis et de RTE cite expressément le cerf-volant parmi les activités concernées et demande de rester éloigné des ouvrages électriques : lignes, postes, transformateurs. Si votre cerf-volant ou sa ligne touche une ligne électrique, lâchez tout, éloignez-vous, empêchez les autres d’approcher et appelez le numéro d’urgence dépannage d’Enedis, 09 726 750 suivi des deux chiffres de votre département, qui figure aussi sur votre facture d’électricité. Ne tentez jamais de le récupérer.

Les routes, les parkings et les voies ferrées

Un cerf-volant qui tombe sur une route surprend un conducteur ; une ligne tendue en travers d’une chaussée, à hauteur de cou, peut blesser un cycliste ou un motard. Gardez toujours la route plus loin que la longueur de votre ligne.

Les aérodromes

Un cerf-volant qui monte haut entre dans l’espace où évoluent les avions, les hélicoptères et les ULM au décollage et à l’atterrissage. Ne volez pas à proximité d’un aérodrome, même petit, ni d’une base d’ULM ou d’une hélistation. En cas de doute, renseignez-vous auprès de l’aérodrome ou du club local.

Les arbres et les personnes

Les arbres retiennent les cerfs-volants et les lignes. Si cela arrive, relâchez la tension, détachez la ligne du cerf-volant si vous le pouvez et récupérez-les séparément, sans grimper dans l’arbre. Quant aux promeneurs, ne les survolez jamais : un cerf-volant qui pique tombe vite, et une ligne qui file blesse les mains et le cou.

Raccourcissez votre ligne pour qu’elle reste plus courte que la distance qui vous sépare de l’obstacle le plus proche sous le vent.

Quand faut-il renoncer à voler ?

Rangez le cerf-volant à l’approche d’un orage, dès que le ciel s’assombrit ou que vous entendez le tonnerre : une ligne tendue vers le ciel est la dernière chose à tenir. Renoncez aussi quand le vent est trop fort pour votre modèle, dont la plage de vent est indiquée sur la notice, ou quand le terrain se remplit de monde. Mieux vaut changer d’endroit ou revenir un autre jour.

Sur les plages, certaines communes encadrent les activités de loisir pendant la saison estivale. Regardez les panneaux à l’entrée de la plage ou demandez en mairie avant de lancer, surtout avec un cerf-volant de traction.

Que prévoir pour vous protéger ?

La ligne est la première source de petites blessures : une ligne qui glisse entre les doigts brûle ou entaille la peau. Ne la laissez jamais filer dans la main nue ; portez des gants dès que le cerf-volant tire, et toujours avec un modèle de traction. Le soleil est l’autre ennemi d’une longue séance, sur une plage sans ombre ou une colline exposée : chapeau, lunettes de soleil et crème solaire ont leur place dans le sac, avec une bouteille d’eau.

Une fois le terrain choisi, reste à savoir où vous placer précisément dans cet espace : c’est l’étape 5, choisir l’endroit où se tenir. La présentation générale de l’activité se trouve sur notre page cerf-volant.

L’essentiel

  • Cherchez un terrain vaste et ouvert du côté d’où vient le vent : plage, champ fauché, colline arrondie.
  • Un vent qui a traversé des arbres ou des maisons arrive haché ; un vent venu de la mer reste régulier.
  • Jamais près d’une ligne électrique : en cas de contact, lâchez tout, éloignez-vous et appelez le dépannage d’Enedis.
  • Ni route, ni aérodrome, ni foule sous le vent, à une distance plus courte que votre ligne.
  • Orage en vue ou vent trop fort pour la notice : on range.
  • Gants dès que ça tire, protection contre le soleil pour les longues séances.

Un terrain bien choisi fait la moitié du vol : le cerf-volant monte plus facilement et vous pouvez le regarder sans surveiller sans cesse ce qui l’entoure.