Types de vélos cargo

Types de vélos cargo : biporteur, longtail ou triporteur, lequel choisir ?

Il existe trois grands types de vélos cargo : le biporteur, qui porte la charge dans une caisse à l’avant, entre le guidon et la roue avant ; le longtail, un vélo allongé à l’arrière avec un grand porte-bagages ; et le triporteur, à trois roues, qui tient debout tout seul. Chacun existe en version musculaire ou à assistance électrique. Le bon type dépend de ce que vous transportez, de la place dont vous disposez pour le ranger et du terrain.

Voici comment chacun se conduit, ce qu’il transporte le mieux et ses limites.

Qu’est-ce qui fait qu’un vélo est un vélo cargo ?

La liste officielle de vocabulaire publiée au Journal officiel le 8 juin 2021 définit le vélo-cargo comme un cycle à deux ou trois roues dont le châssis est conçu pour recevoir une caisse ou une plateforme permettant le transport de charges, voire d’enfants. La différence avec un vélo équipé d’un porte-bagages ou d’une remorque tient donc au cadre lui-même : il est conçu, et renforcé, pour porter.

Les vélos cargo se répartissent en deux familles, les deux-roues (biporteurs et longtails) et les trois-roues (triporteurs). La place de la charge, devant ou derrière le cycliste, change tout à la conduite.

Le biporteur : la caisse à l’avant

Le biporteur place la charge à l’avant, dans une caisse ou sur une plateforme basse posée entre le guidon et la roue avant, qui est déportée loin devant. Sa version la plus répandue est le « Long John », un modèle d’origine danoise : la Wikipédia anglophone le fait remonter aux années 1920 au Danemark. La direction passe par une tringlerie qui relie le guidon à la roue avant.

Ses atouts tiennent à cette architecture. La charge reste sous vos yeux, ce qui rassure quand on transporte de jeunes enfants. Le centre de gravité est bas, ce qui rend le vélo stable une fois lancé, et la caisse accepte de gros volumes.

Sa limite principale est la taille : un biporteur est long et se range mal dans un local étroit, un couloir ou un ascenseur. Il demande aussi quelques sorties pour s’habituer à une roue avant éloignée et à une direction moins directe qu’un vélo classique.

Le biporteur est le choix le plus courant pour transporter deux jeunes enfants ou des courses volumineuses en ville.

Le longtail : le porte-bagages allongé

Le longtail ressemble à un vélo classique dont l’arrière aurait été allongé : un grand porte-bagages renforcé, au-dessus d’un empattement plus long, reçoit des sacoches de grande taille, un ou deux sièges enfants, voire un passager plus âgé selon les modèles. Il existe aussi des « midtails », un peu plus courts.

Son grand avantage est la conduite : il se conduit à peu près comme un vélo ordinaire, sans direction déportée. Il prend moins de place qu’un biporteur et passe plus facilement dans les rues étroites ou les parkings à vélos.

En contrepartie, la charge est placée plus haut et derrière vous. Le centre de gravité monte, et le vélo devient moins stable lorsqu’il est très chargé, surtout à l’arrêt et à basse vitesse. Une béquille double, qui tient le vélo droit pendant que vous installez un enfant, change beaucoup l’usage quotidien.

Le triporteur : trois roues pour la stabilité

Le triporteur ajoute une troisième roue. Le modèle dit européen place une caisse à l’avant, sur deux roues, et l’on tourne en faisant pivoter l’ensemble autour d’un axe central relié au cadre. Le modèle dit asiatique place la charge à l’arrière, entre deux roues entraînées par la chaîne, avec un guidon classique à l’avant.

Le triporteur tient debout à l’arrêt, sans béquille ni effort d’équilibre : c’est son grand avantage pour charger, attendre à un feu ou installer des enfants. La caisse peut être fermée à clé, ce qui intéresse les artisans et les commerçants.

Il est en revanche plus large et plus lourd, roule moins bien qu’un biporteur et se conduit différemment d’un vélo, surtout en virage : prévoyez quelques sorties à vide pour vous y habituer. Il demande un passage large pour être rangé et des pistes cyclables assez larges.

TypePlace de la chargeStabilité à l’arrêtEncombrementUsage typique
Biporteur (Long John)Caisse à l’avantMoyenne, béquille nécessaireLongEnfants, courses volumineuses
LongtailPorte-bagages à l’arrièreFaible si très chargéProche d’un véloUn ou deux enfants, sacoches
Triporteur avantCaisse sur deux roues avantTient seulLarge et lourdGros volumes, enfants
Triporteur arrièrePlateau entre deux roues arrièreTient seulLargeLivraison, matériel

D’où viennent les trois types de vélos cargo ?

Le vélo cargo est presque aussi vieux que le vélo. Des cycles conçus pour porter une charge existent dès le XIXe siècle, et au début du XXe siècle les commerçants livrent le pain, le lait et le courrier en triporteur : c’est l’ancêtre direct des cargos à trois roues vendus aujourd’hui. Au Royaume-Uni, ce vélo de livreur est parfois appelé « butcher’s bike », le vélo du boucher.

Le Long John est attribué, selon la Wikipédia anglophone, à la société danoise Smith & Co. (SCO), fondée à Odense en 1894, qui l’aurait conçu vers 1923 et exposé à la foire mondiale de Wembley, en Angleterre, en 1924. Aux Pays-Bas, le mot « bakfiets », littéralement « vélo à caisse », désigne d’ailleurs les vélos cargo en général.

Après la Seconde Guerre mondiale, la camionnette remplace le triporteur dans les pays industrialisés, et le vélo cargo y devient marginal. Il revient dans les années 1980 grâce à de petits fabricants européens, puis dans les années 1990 aux États-Unis. Le longtail naît dans ce mouvement : le « Free Radical » de la marque américaine Xtracycle sort en 1998, et la marque publie en 2008 le standard « LongTail » sous forme ouverte, pour que d’autres fabricants puissent l’adopter.

Le décollage a lieu au début des années 2000 au Danemark et aux Pays-Bas : en 2014, Copenhague compte plus de 60 000 vélos cargo en circulation, et un quart des familles de deux enfants ou plus en possède un. L’assistance électrique fait ensuite exploser les ventes : en France, celles des cargos électriques bondissent de 354 % en 2020, à 11 000 unités, et en Allemagne, 120 000 cargos électriques sont vendus en 2021.

Avec ou sans assistance électrique ?

Chacun de ces types existe avec une assistance électrique au pédalage, et ce sont les modèles électriques qui portent la hausse des ventes de ces dernières années en France et en Allemagne. Chargé, un cargo pèse lourd au démarrage et en côte : l’assistance change l’usage dès que le trajet comporte du relief ou dépasse quelques kilomètres.

Pour rester un vélo au sens du Code de la route, l’assistance doit respecter les limites du vélo à assistance électrique : une puissance nominale continue de 250 W au maximum et une assistance qui se coupe à 25 km/h. Au-delà, l’engin change de catégorie et n’est plus un vélo.

Le modèle musculaire reste pertinent en terrain plat et sur de courtes distances : il est plus léger, moins cher et sans batterie à recharger ni à remplacer. Notre rubrique vélo électrique détaille le fonctionnement de l’assistance.

Quel type choisir selon votre usage ?

Commencez par ce que vous transportez. Deux jeunes enfants assis côte à côte, ou des courses en vrac, vont naturellement dans la caisse d’un biporteur. Un enfant plus grand, ou des sacoches, conviennent à un longtail. Un artisan qui veut une caisse fermée, ou une personne qui redoute l’équilibre à l’arrêt, regardera du côté du triporteur.

Viennent ensuite le rangement et le terrain : mesurez la porte de votre local et la largeur des passages avant d’acheter, et pensez au relief de vos trajets habituels. Nos conseils pour choisir son vélo cargo passent en revue les autres critères (freins, sièges, protection pluie), et les limites du vélo cargo ce qui coince au quotidien.

Essayez toujours le type de vélo cargo qui vous tente, chargé, avant de l’acheter.

L’essentiel

  • Le biporteur porte la charge devant vous, dans une caisse basse : stable une fois lancé, mais long à ranger.
  • Chaque type vient d’une étape de l’histoire : le triporteur des livreurs du début du XXe siècle, le Long John danois vers 1923, le longtail américain en 1998.
  • Le longtail se conduit presque comme un vélo classique et prend moins de place, mais devient instable très chargé.
  • Le triporteur tient debout à l’arrêt et accepte de gros volumes, au prix de la largeur et du poids.
  • L’assistance électrique est limitée à 250 W et 25 km/h pour rester un vélo.
  • Choisissez selon ce que vous transportez, puis vérifiez le rangement et le relief.

Retrouvez tous nos articles sur le sujet dans notre rubrique vélo cargo, de l’histoire de ces vélos aux conseils d’achat.