Pourquoi tout ce qui concerne le cheval se fait du côté gauche ?

Pourquoi tout ce qui concerne le cheval se fait du côté gauche ?

On monte à cheval par la gauche par tradition militaire : les cavaliers droitiers portaient l’épée ou le sabre au côté gauche, et se mettre en selle par la gauche évitait de passer la jambe par-dessus le fourreau. L’habitude est restée dans l’enseignement, si bien qu’on aborde, selle, mène et monte encore le cheval de ce côté, appelé le côté montoir.

Pourquoi tout ce qui concerne le cheval se fait du côté gauche ?

Ce n’est pourtant pas une règle de sécurité ni une obligation. Un cheval peut parfaitement être monté par la droite, et les bons cavaliers l’y habituent. Voici d’où vient l’usage, ce qu’il implique au quotidien et pourquoi travailler des deux côtés.

D’où vient l’habitude de monter par la gauche ?

L’explication la plus répandue remonte aux cavaliers en armes. Un droitier dégaine de la main droite, donc il porte son arme sur la hanche gauche. Monter par la droite l’obligerait à lancer la jambe gauche, et avec elle le fourreau, par-dessus la selle. Par la gauche, la jambe droite passe librement et l’arme reste du bon côté.

Les sources populaires qui racontent cette origine ne sont pas toutes d’accord sur les détails, et aucune ne fixe de date précise. Le point commun est solide : l’usage vient d’une contrainte d’équipement, pas d’une particularité du cheval. La cavalerie l’a codifié, les écoles d’équitation l’ont repris, et l’équitation western l’a conservé comme l’équitation classique.

Que se fait côté gauche au quotidien ?

Dans la plupart des centres équestres, presque tout se fait du côté montoir :

  • on aborde le cheval par l’épaule gauche, en lui parlant pour qu’il vous voie arriver ;
  • on le mène en se plaçant à sa gauche, à hauteur de l’épaule, la longe ou les rênes dans la main droite ;
  • on pose la selle et on serre la sangle par la gauche ;
  • on met le pied gauche à l’étrier pour monter, et on redescend du même côté.

Le côté droit s’appelle le côté hors montoir. On y passe quand même pour le pansage, le curage des pieds et la vérification du matériel : une sangle se contrôle des deux côtés, et les quatre pieds se curent à chaque séance, comme le détaille notre page sur les soins du cheval.

Pourquoi faut-il aussi travailler du côté droit ?

On entend souvent qu’un cheval n’apprend une chose que du côté où on la lui a montrée. La formule est trop simple, mais elle part d’une observation de terrain : le cheval a les yeux placés sur les côtés de la tête et voit chaque côté surtout avec un œil. Un geste, un objet ou un bruit qu’il accepte calmement à gauche peut l’étonner s’il le découvre à droite.

C’est pourquoi les éducateurs répètent les apprentissages de base des deux côtés : se laisser toucher, donner les pieds, accepter la selle, se laisser mener. Un cheval habitué aux deux côtés est plus sûr à manipuler, notamment quand le terrain impose de monter par la droite.

Les situations ne manquent pas :

  • un chemin en dévers, où monter du côté le plus haut est plus facile ;
  • une route ou un fossé à gauche, qui rend ce côté dangereux pour le cavalier à pied ;
  • une blessure, une douleur au genou ou à la hanche gauche du cavalier ;
  • un cheval de randonnée qu’il faut seller et desseller dans des lieux exigus.

Monter toujours du même côté fatigue-t-il le cheval ?

Monter depuis le sol exerce une traction sur la selle et sur le dos du cheval, toujours du même côté si l’on monte toujours par la gauche. De nombreux enseignants recommandent donc un montoir, une marche ou un petit escabeau stable, qui réduit cette traction et le déplacement de la selle. Alterner les côtés est une autre façon de répartir l’effort.

Si votre cheval a un dos sensible, demandez l’avis de votre vétérinaire ou de votre moniteur : la façon de monter fait partie des réglages faciles à corriger. La bonne selle, bien sanglée, bouge aussi beaucoup moins pendant la montée.

Comment monter correctement par la gauche ?

La méthode enseignée en club suit toujours le même ordre :

  • vérifiez la sangle et ajustez la longueur des étriers ;
  • placez-vous à gauche, face à l’arrière du cheval, rênes ajustées dans la main gauche posée sur le garrot ;
  • tournez l’étrier vers vous et mettez-y le pied gauche, la pointe orientée vers l’avant, le long de la sangle, pour ne pas piquer le flanc avec le bout du pied ;
  • prenez appui sur la jambe droite, montez droit, passez la jambe droite au-dessus de la croupe sans la toucher ;
  • asseyez-vous en douceur et chaussez l’étrier droit.

Pour monter par la droite, inversez chaque geste. Faites-le d’abord avec un moniteur et un cheval calme : le cavalier se sent aussi peu à l’aise que le cheval les premières fois. Notre guide pour monter à cheval reprend les bases de la position une fois en selle.

L’essentiel

  • On monte par la gauche parce que les cavaliers droitiers portaient l’arme à gauche : la jambe droite passait ainsi sans heurter le fourreau.
  • L’habitude est restée : on aborde, mène, selle et monte le cheval du côté gauche, dit côté montoir.
  • Ce n’est pas une obligation, et le cheval peut être monté par la droite.
  • Habituez votre cheval aux deux côtés, car il voit et réagit séparément de chaque côté.
  • Un montoir limite la traction sur le dos du cheval et le déplacement de la selle.

Pour aller plus loin sur les usages et les disciplines, notre rubrique équitation réunit les guides pour débuter.