Deux sportifs s'entraînant avec des sangles de suspension en salle

Champions d’haltérophilie : les triples champions olympiques et les Français titrés

Les plus grands champions d’haltérophilie se mesurent aux titres olympiques. Six hommes sont crédités de trois médailles d’or dans le palmarès olympique publié aujourd’hui : les Turcs Naim Süleymanoğlu et Halil Mutlu, les Grecs Pyrros Dimas et Kakhi Kakhiashvili, le Chinois Lü Xiaojun et le Géorgien Lasha Talakhadze. Chez les femmes, entrées aux Jeux en 2000, aucune n’en compte plus de deux : c’est le cas, entre autres, des Chinoises Chen Yanqing, Hou Zhihui et Li Wenwen.

La France, elle, a remporté neuf titres olympiques en haltérophilie, tous avant la Seconde Guerre mondiale, dont deux pour Louis Hostin. Voici qui sont ces champions, dans quelles catégories ils ont gagné et pourquoi certains palmarès anciens ne correspondent plus aux résultats officiels.

Six hommes, trois titres olympiques chacun

AthlètePaysTitres olympiques
Naim SüleymanoğluTurquie1988 et 1992 (60 kg), 1996 (64 kg)
Halil MutluTurquie1996 (54 kg), 2000 et 2004 (56 kg)
Pyrros DimasGrèce1992 (82,5 kg), 1996 (83 kg), 2000 (85 kg)
Kakhi KakhiashviliÉquipe unifiée, puis Grèce1992 (90 kg), 1996 (99 kg), 2000 (94 kg)
Lü XiaojunChine2012 et 2016 (77 kg), 2020 (81 kg)
Lasha TalakhadzeGéorgie2016 (+105 kg), 2020 (+109 kg), Paris 2024 (+102 kg)

Les catégories changent d’une édition à l’autre, d’où ces limites différentes pour un même athlète : un titre en 60 kg puis en 64 kg ne signifie pas un changement de gabarit, mais une nouvelle grille de catégories. Les intitulés suivent le palmarès des Jeux tel qu’il est publié pour chaque édition.

Süleymanoğlu et Mutlu, les poids légers turcs

Naim Süleymanoğlu a gagné ses trois titres chez les plus légers : en 60 kg à Séoul en 1988 et à Barcelone en 1992, puis en 64 kg à Atlanta en 1996.

Halil Mutlu lui a succédé dans des catégories encore plus légères : 54 kg en 1996, puis 56 kg en 2000 et en 2004. Deux Turcs se partagent donc six titres olympiques sur quatre éditions consécutives des Jeux, de 1988 à 2004.

Pour comparer deux champions, regardez d’abord la catégorie et l’année : un total n’a de sens que dans une même grille de poids.

Dimas et Kakhiashvili, trois titres pour la Grèce

Pyrros Dimas a été champion olympique en 1992, 1996 et 2000, chaque fois chez les mi-lourds, entre 82,5 et 85 kg selon la grille du moment. Il a ajouté une médaille de bronze en 85 kg aux Jeux d’Athènes en 2004, devant son public.

Kakhi Kakhiashvili a un parcours singulier : il a remporté son premier titre en 1992 en 90 kg sous les couleurs de l’Équipe unifiée, qui regroupait alors d’anciennes républiques soviétiques, puis deux titres pour la Grèce, en 1996 en 99 kg et en 2000 en 94 kg, sous le nom d’Akakios Kakiasvilis.

Talakhadze et Lü Xiaojun, les triplés récents

Lasha Talakhadze domine la catégorie reine, celle des plus lourds, sans limite de poids : il a été sacré en 2016 à Rio, en 2020 à Tokyo et à Paris 2024. Sa catégorie a changé de nom trois fois (plus de 105 kg, plus de 109 kg, plus de 102 kg), lui non.

Lü Xiaojun apparaît dans le palmarès olympique actuel avec les titres de 2012 et 2016 en 77 kg, puis celui de 2020 en 81 kg. Le palmarès des Jeux peut en effet évoluer après la compétition, quand des résultats sont annulés et les médailles redistribuées ; c’est pourquoi les listes publiées juste après une édition ne correspondent pas toujours aux résultats officiels d’aujourd’hui.

Les championnes, de Sydney 2000 à Paris 2024

L’haltérophilie féminine est entrée aux Jeux à Sydney en 2000, avec sept catégories. Quelques noms reviennent :

  • Chen Yanqing (Chine), championne olympique en 58 kg en 2004 et en 2008 ;
  • Rim Jong-sim (Corée du Nord), titrée en 69 kg en 2012 puis en 75 kg en 2016 ;
  • Hou Zhihui (Chine), titrée en 49 kg à Tokyo en 2020 et à Paris 2024, comme sa compatriote Li Wenwen chez les plus lourdes ;
  • Nurcan Taylan (Turquie), championne olympique en 48 kg à Athènes en 2004 ;
  • Karnam Malleswari (Inde), médaillée de bronze en 69 kg à Sydney en 2000.

Le cas de Zulfiya Chinshanlo (Kazakhstan) montre comment un palmarès peut changer : le titre de 2012 en 53 kg revient aujourd’hui à Hsu Shu-ching (Taipei chinois), qui a gagné de nouveau en 2016, et la médaille olympique qui reste à Chinshanlo est le bronze de 2020 en 55 kg.

Les champions olympiques français

AthlèteTitre olympiqueCatégorie
Henri Gance192075 kg
Ernest Cadine192082,5 kg
Edmond Decottignies192467,5 kg
Charles Rigoulot192482,5 kg
Roger François192875 kg
Raymond Suvigny193260 kg
René Duverger193267,5 kg
Louis Hostin1932 et 193682,5 kg

Louis Hostin est le seul Français à compter deux titres olympiques en haltérophilie ; il avait déjà pris l’argent en 1928 dans la même catégorie. Depuis la guerre, les médailles françaises sont plus rares : Jean Debuf a pris le bronze en 1956 en 90 kg, Daniel Senet l’argent en 1976 en 67,5 kg et Vencelas Dabaya l’argent en 2008 en 69 kg, derrière le Chinois Liao Hui.

Pour comprendre ce que ces champions soulèvent, voyez comment se jugent l’arraché et l’épaulé-jeté, et pourquoi leurs catégories changent si souvent dans notre article sur les catégories de poids en haltérophilie. Les autres disciplines olympiques ont leur page dans la rubrique Jeux olympiques.

L’essentiel

  • Six hommes comptent trois titres olympiques : Süleymanoğlu, Mutlu, Dimas, Kakhiashvili, Lü Xiaojun et Talakhadze.
  • Talakhadze a gagné les trois dernières éditions chez les plus lourds, de 2016 à 2024.
  • Chez les femmes, aux Jeux depuis 2000, le record est de deux titres (Chen Yanqing, Rim Jong-sim, Hou Zhihui, Li Wenwen, Hsu Shu-ching).
  • La France compte neuf titres olympiques, tous entre 1920 et 1936, dont deux pour Louis Hostin.
  • Un palmarès olympique peut changer après coup : fiez-vous aux résultats officiels actuels.

Règles, matériel et catégories : la page haltérophilie rassemble tous nos guides sur la discipline.