Monter à cheval : de la mise en selle au premier trot
Pour monter à cheval la première fois, inscrivez-vous dans un centre équestre : un moniteur vous confie un cheval de club, vérifie le matériel avec vous et vous apprend à vous mettre en selle par la gauche, à trouver votre position, puis à marcher et à trotter. La suite se construit séance après séance, et la progression se valide en France par les Galops de la Fédération française d’équitation (FFE), du Galop 1 au Galop 7.
Cette page décrit les étapes d’une première séance et les exercices qui font progresser. Elle ne remplace pas le moniteur : à cheval, c’est lui qui juge de ce que vous pouvez tenter.
Avant de monter : les vérifications
Le cheval arrive en général pansé et sellé pour les premières reprises ; ensuite, vous apprendrez à le préparer vous-même. Avant de vous mettre en selle, quatre points se vérifient :
- votre casque est attaché, jugulaire fermée ;
- la sangle est serrée : une selle qui tourne au moment de monter fait tomber le cavalier ;
- les étriers sont descendus et à peu près à la bonne longueur, que le moniteur ajuste ensuite avec vous ;
- le cheval est calme : les oreilles, les yeux et l’attitude disent s’il est inquiet ou agacé.
Choisissez un endroit dégagé, à distance des autres chevaux. Ne passez jamais derrière un cheval sans le prévenir de la voix et sans garder la main sur lui.
Se mettre en selle par la gauche
On monte traditionnellement par la gauche du cheval, une habitude héritée des cavaliers militaires qui portaient l’épée à gauche ; nous racontons cette histoire dans notre article sur le côté gauche du cheval. La mise en selle se déroule ainsi :
- placez-vous à gauche du cheval, au niveau de l’épaule, tourné vers l’arrière ;
- prenez les rênes dans la main gauche, assez courtes pour que le cheval ne puisse pas avancer, et posez cette main sur l’encolure, devant la selle ;
- de la main droite, tournez l’étrier vers vous et engagez-y le pied gauche ;
- prenez appui, montez d’une poussée de la jambe droite, puis passez-la au-dessus de la croupe sans la toucher ;
- asseyez-vous en douceur, sans vous laisser tomber dans la selle, puis chaussez l’étrier droit et ajustez vos rênes.
Un montoir, ce petit escabeau que l’on trouve dans les clubs, facilite la manœuvre et ménage le dos du cheval et la selle : servez-vous-en dès qu’il y en a un.
La position en selle
Une bonne position permet de suivre le mouvement du cheval sans se crisper. Le repère classique est une ligne droite imaginaire qui passe par l’oreille, l’épaule, la hanche et le talon du cavalier, talons bas. Vous êtes assis sur les os du bassin, dos droit mais pas raide, épaules au même niveau, regard vers l’endroit où vous allez.
Les jambes descendent le long du cheval sans le serrer avec les cuisses ; les bras tombent naturellement et les mains restent souples, pour que le contact avec la bouche du cheval soit léger et constant. Le réflexe du débutant est de se tenir avec les mains et de se pencher en avant : c’est ce qui fait perdre l’équilibre.
Les aides : comment le cheval vous comprend
Le cavalier communique avec le cheval par les aides naturelles : les jambes, qui demandent d’avancer ou de se déplacer ; les mains, qui dirigent et ralentissent par les rênes ; l’assiette et le poids du corps ; la voix. Les aides artificielles, comme la cravache et les éperons, ne font que renforcer les premières et ne concernent pas les premières séances.
Pour tourner, regardez d’abord dans la direction voulue, puis ouvrez légèrement la rêne de ce côté ; la jambe intérieure maintient l’impulsion, la jambe extérieure empêche les hanches du cheval de s’échapper. Pour ralentir ou s’arrêter, fermez les doigts sur les rênes en vous grandissant, puis relâchez dès que le cheval répond. Une aide qui ne cesse jamais finit par ne plus rien dire au cheval.
Le pas, le trot, le galop
Le cheval a trois allures naturelles, que l’on aborde dans l’ordre :
| Allure | Ce que ressent le cavalier | Ce qu’on apprend |
|---|---|---|
| — | — | — |
| Pas | Un balancement régulier, sans secousse | Diriger, s’arrêter, trouver sa position |
| Trot | Une allure sautée, qui fait rebondir | Le trot enlevé (se lever et se rasseoir au rythme du cheval), puis le trot assis |
| Galop | Une allure plus rapide, plus ample, qui berce | Garder l’équilibre et le contact, à l’appel du moniteur |
Commencez chaque séance par quelques minutes de pas, rênes longues : les muscles du cheval s’échauffent progressivement, comme les vôtres. Passez ensuite au trot dans les deux sens, avant tout travail plus soutenu.
Les exercices qui font progresser
Deux exercices reviennent souvent dans les reprises, toujours encadrés par le moniteur.
Le travail sans étriers
Étriers croisés sur l’encolure, le cavalier apprend à s’asseoir plus profondément et à trouver son équilibre sans prendre appui sur ses pieds. Au pas, puis au trot, l’exercice renforce les jambes et améliore la position.
Les transitions
Passer du pas au trot, du trot au pas, puis s’arrêter, à des endroits précis du manège : l’exercice apprend à préparer chaque demande et à sentir le rythme du cheval. Compter les foulées entre deux transitions aide à rester attentif à ce que fait le cheval sous vous.
Descendre de cheval
Arrêtez le cheval, prenez les rênes dans la main gauche, déchaussez les deux étriers, puis passez la jambe droite au-dessus de la croupe et laissez-vous glisser le long du cheval, en pliant les genoux à l’arrivée. Ne restez pas le pied pris dans l’étrier gauche : si le cheval bouge, vous seriez entraîné. Remontez ensuite les étriers et passez les rênes par-dessus l’encolure pour ramener le cheval à pied.
Si vous hésitez entre l’équitation classique et la monte western, sachez que la position et la tenue des rênes y diffèrent ; le matériel du débutant est décrit dans notre page sur l’équipement équestre.
L’essentiel
- La première fois, montez en centre équestre, sur un cheval de club et avec un moniteur.
- Vérifiez casque, sangle et étriers avant de vous mettre en selle par la gauche, au montoir si possible.
- Position : oreille, épaule, hanche et talon alignés, talons bas, mains souples.
- Jambes, mains, assiette et voix sont les aides naturelles ; on les relâche dès que le cheval répond.
- On aborde le pas, puis le trot, puis le galop, et la progression se valide par les Galops FFE.
Le premier objectif n’est pas d’aller vite mais de rester assis sans se tenir aux rênes : le reste de notre rubrique équitation vous accompagne pour la suite.