La capoeira est un art qui dĂ©fie toute description. C’est un combat, une danse, un jeu. C’est la crĂ©ativitĂ©, l’intuition, la grĂące, la force, l’histoire et la tradition. Pour comprendre le mouvement, la musique et le magnĂ©tisme de la Capoeira, nous devons explorer la fascinante tradition de l’art et son histoire mystĂ©rieuse. La Capoeira est une histoire de triomphe et de libertĂ©.

EnracinĂ©e dans les riches cultures apportĂ©es au BrĂ©sil par les esclaves africains, l’histoire de la Capoeira fait l’objet de nombreux dĂ©bats. L’histoire de la Capoeira et ses lĂ©gendes ont Ă©tĂ© transmises oralement par d’anciens esclaves qui ont transmis l’art Ă  leurs Ă©lĂšves. Ce sont les enseignements de ces maĂźtres anciens et quelques documents qui subsistent qui racontent l’histoire de cet art singulier.

L’origine de la Capoeira remonte Ă  environ 500 ans au dĂ©but de la pĂ©riode de la traite nĂ©griĂšre au BrĂ©sil. Tout au long des 488 ans de traite des esclaves au BrĂ©sil, diverses tribus d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale se sont rencontrĂ©es et se sont mĂ©langĂ©es dans les senzalas (quartiers des esclaves) et dans les quilombos (nations esclavagistes). De ce mĂ©lange de cultures africaines est nĂ© un mĂ©lange de traditions, de rituels, de rites de passage, de nourriture, de danse, de langue et de religion. Lentement, une nouvelle identitĂ© afro-brĂ©silienne avec un ensemble distinct de pratiques culturelles est nĂ©e. Cette nouvelle identitĂ© s’est accompagnĂ©e du dĂ©veloppement de la Capoeira, une pratique que l’on appellera des annĂ©es plus tard l’art de la libĂ©ration.

La Capoeira et ses pratiquants ont persĂ©vĂ©rĂ© Ă  travers des siĂšcles de marginalisation et de discrimination et aujourd’hui l’art a Ă©voluĂ© de la pratique culturelle, Ă  l’art martial et au mode de vie. Cet art autrefois interdit et clandestin de l’autonomisation physique et spirituelle s’est transformĂ© en un Ă©lĂ©ment essentiel de la culture populaire brĂ©silienne et est aujourd’hui reconnu comme un sport national.

Le XXe siĂšcle a vu l’Ă©mergence de nombreux mestres lĂ©gendaires (maĂźtres) qui allaient changer le visage de l’art. Ces capoeiristes dĂ©vouĂ©s (pratiquants de la capoeira) ont travaillĂ© sans relĂąche pour faire sortir la capoeira de l’ombre et l’intĂ©grer dans la culture brĂ©silienne dominante et plus tard sur la scĂšne mondiale.

À la fin des annĂ©es 1920, un homme du nom de Manuel dos Reis Machado alias Mestre Bimba a commencĂ© Ă  dĂ©velopper une nouvelle mĂ©thode d’entraĂźnement plus objective de Capoeira. Dans son État natal de Bahia, au nord-est du BrĂ©sil, Mestre Bimba Ă©tait un pugiliste bien connu. Il pratiquait la Capoeira et d’autres arts martiaux. Il pensait que la Capoeira Ă©tait devenue trop folklorique et trop dansante, qu’elle n’Ă©tait pas organisĂ©e et qu’elle avait besoin d’ĂȘtre affinĂ©e pour attirer plus d’Ă©tudiants. Avec l’aide d’un petit groupe de ses Ă©lĂšves, il a commencĂ© Ă  dĂ©velopper un nouveau style de formation plus objectif. Mestre Bimba a crĂ©Ă© huit sĂ©quences partenaires et a utilisĂ© ses propres rythmes distincts sur le berimbau, l’instrument principal de la Capoeira. Le style d’entraĂźnement signature de Mestre Bimba sera plus tard surnommĂ© Capoeira Regional.

L’importance du travail de Mestre Bimba allait au-delĂ  d’un nouveau style d’entraĂźnement, il a aidĂ© Ă  illustrer les bienfaits physiques de la Capoeira et Ă  montrer son efficacitĂ© en tant qu’art martial. Lui et ses meilleurs Ă©lĂšves ont fait le tour du BrĂ©sil, dĂ©fiant et combattant les artistes martiaux les plus cĂ©lĂšbres de l’Ă©poque. Mestre Bimba a jouĂ© un rĂŽle central dans la lĂ©gitimation de la Capoeira et la vulgarisation de cette forme d’art. En raison de son travail, en 1937, la Capoeira a Ă©tĂ© retirĂ©e du code pĂ©nal et reconnue par le prĂ©sident brĂ©silien de l’Ă©poque, GetĂșlio Vargas, comme un sport national.

AprĂšs que Mestre Bimba ait commencĂ© Ă  dĂ©velopper Capoeira Regional, un autre capoeiriste important, Mestre Pastinha, a commencĂ© Ă  organiser ce qui est aujourd’hui appelĂ© Capoeira Angola, le style original de l’art. Mestre Pastinha, (Vincente Ferreira Pastinha) a vu la nĂ©cessitĂ© de souligner les racines africaines de l’art et de continuer Ă  l’enseigner dans sa forme originale. Comme Mestre Bimba, Mestre Pastinha a commencĂ© Ă  organiser la Capoeira Angola, en prĂ©servant les enseignements des anciens maĂźtres et anciens esclaves.

La Capoeira a connu un dĂ©veloppement et une Ă©volution considĂ©rables dans sa formation, son organisation et sa pratique. Aujourd’hui, il y a deux styles de Capoeira d’importance Ă©gale : Angola et RĂ©gional. La majoritĂ© des Ă©coles de Capoeira pratiquent aujourd’hui les deux, reconnaissant l’importance de chacune et comprenant que l’Angola et la rĂ©gion ont une relation symbiotique. Les Ă©coles qui suivent la tradition de pratiquer les deux se rĂ©fĂšrent souvent Ă  leur style comme Capoeira ContemporĂąnea – Capoeira contemporaine.

L'histoire de la capoeira

Le jeu

Le jeu de Capoeira est une sĂ©rie fluide de mouvements agiles, acrobatiques et martiaux reliĂ©s ensemble pour former une conversation corporelle unique. Le dialogue physique gracieusement stratĂ©gique se dĂ©roule dans la Roda, le cercle oĂč l’entraĂźnement se manifeste par des jeux entre deux Capoeiristas (praticiens de l’art). Ces jeux sont un Ă©change complexe de coups de pied circulaires et droits, d’Ă©vasions, de balayages, de dĂ©montages et d’exercices de gymnastique.

L’esprit et l’Ă©nergie d’une Capoeira Roda sont contagieux. Cette forme d’art combine des coups de pied circulaires et droits, des acrobaties, des dĂ©montages et de la crĂ©ativitĂ© avec une musique envoĂ»tante et une spiritualitĂ© universelle. La Capoeira apporte santĂ© et Ă©quilibre Ă  la vie de ses participants, quel que soit leur Ăąge. L’art martial est idĂ©al pour dĂ©velopper la conscience du corps et de l’esprit, enseigner des rĂ©flexes rapides et des tactiques d’autodĂ©fense. La Capoeira est gracieuse et stimulante, un outil de vie qui encourage tous ceux qui s’entraĂźnent Ă  grandir et Ă  investir dans le bien-ĂȘtre physique et mental.

La Musique

Pour ceux qui n’ont jamais vu la Capoeira jouer, la roda (cercle) est l’endroit oĂč tout se passe. C’est le point culminant de l’art de la Capoeira. A la tĂȘte de la roda se trouve l’orchestre composĂ© de trois berimbaus, deux pandeiros et un atabaque. Le berimbau est un instrument monocorde dont la forme primitive est originaire d’Afrique centrale. Il dicte la saveur et la vitesse du jeu de Capoeira Ă  l’intĂ©rieur de la roda. Cet instrument principal peut jouer plus de 10 rythmes traditionnels diffĂ©rents avec d’innombrables variations. Le son acoustique unique du berimbau est accompagnĂ© par l’atabaque, un tambour qui ressemble beaucoup Ă  une conga primitive. L’atabaque est le battement de cƓur de la Capoeira roda et est accentuĂ© par le pandeiro (tambourin).

L’orchestre de Capoeira est complĂ©tĂ© par le chƓur, l’anneau de voix qui rĂ©sonne de la roda dans une chanson de style appel et rĂ©ponse dirigĂ©e par l’une des Capoeiristas. Les chants de capoeira racontent l’histoire puissante de l’art, des histoires de mestres lĂ©gendaires et d’anecdotes ludiques. Ces histoires, vraies ou lĂ©gendaires, sont colorĂ©es, inspirantes, drĂŽles et parfois tristes. Par-dessus tout, les chants de Capoeira illuminent l’intensitĂ© et la vision de l’art. Les chansons sont chantĂ©es en portugais poĂ©tique et rythmĂ©, les capoeiristes de toutes nationalitĂ©s et ethnies sont inspirĂ©s pour apprendre la langue.

Fermer le menu